Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Coup Pour Coup 31

L’Etat « des accords d’Oslo » constitue une reconnaissance arabe du régime sioniste

arton88-43d77L’Autorité Palestinienne (AP) et la bourgeoisie compradore arabe sont occupés ces derniers temps à mendier une reconnaissance de « l’Etat des accords d’Oslo », une démarche intitulée Guerre Diplomatique ! Cette affaire pourrait ressembler l’ accomplissement d’un grand pas politique contre Israël, ( ZAR), les USA et L’ UE en tant que régimes ennemis de la Patrie Arabe. 
Jusqu’à un certain point, cela est vrai. Mais aussi longtemps que la Palestine historique demeure sous la domination coloniale sioniste, la tâche principale des Palestiniens est de résister, de libérer leur patrie, et de réaliser le droit au retour des réfugiés. 
On pourrait demander pourquoi un mouvement de résistance ne chercherait pas une reconnaissance auprès des Nations Unies ? En effet, cela peut se concevoir. Mais dans le cas Palestinien, le problème est plus compliqué. L’AP et l’ OLP ont de fait reconnu Israël comme un Etat légitime sur 78% du territoire de la Palestine occupée ! Et en remerciement de cette honteuse reconnaissance, quelques états ont reconnu l’OLP et ce qu’est le dénommé « Etat palestinien ». 
Si l’OLP n’avait pas reconnu l’Etat d’Israël, je doute qu’une douzaine d’Etats adresseraient seulement la parole à n’importe quel diplomate Palestinien. 
Par conséquent, ce que l’OLP doit faire, c’est de retirer sa reconnaissance de ZAR et agir à nouveau comme un mouvement de libération. C’est à cette condition qu’elle restaurera sa capacité à représenter le peuple Palestinien. D’un point de vue arabe et palestinien« sionisé », et du point de vue du discours capitaliste de l’Ouest, cette vision pourrait ressembler à un réveil rappelant le passé, ce qui est exact . Mais ce qui est exact aussi et légitime, est le fait que cela n’est pas en contradiction avec la mémoire du peuple Palestinien, en particulier celle des 6 millions de réfugiés qui n’ont jamais été consultés ni par l’OLP ni par l’AP, ni par les pays arabes, à propos de la reconnaissance de l’Etat d’Israël et de l’abandon de leur droit au retour. 
Il faut rappeler ici que la dénommée « communauté internationale » n’a pas la capacité ni le droit de représenter le peuple palestinien plus qu’il ne se représente lui même. Les Nations Unies ont avalisé une résolution sur le droit au retour des Palestiniens après l’occupation sioniste de la Palestine en 1948 qui n’a jamais été appliquée et ne le sera jamais. 
Dans les faits, il y aura une reconnaissance d’un « état » même par les puissances qui dominent l’ordre mondial : USA, UE et Israël, si ce n’est en septembre, ce sera après. Mais dans son essence, rien ne sera différent de l’actuelle autonomie palestinienne, ni en termes de superficie du territoire, ni en termes de capacité ou de pouvoir des autorités. 
Ce faux Etat Palestinien est une nécessité pour les plans des puissances de l’Ouest en vue d’une nouvelle colonisation du Moyen Orient. Il faut dire cependant que la création de cet Etat aura pour prix l’abandon du droit au retour des réfugiés et constituera une liquidation totale de la lutte arabe contre le sionisme, et de la question Palestinienne. 
Qu’est ce que cela signifie en particulier à la lumière de la décision de la Ligue Arabe de représenter l’OLP et de réclamer auprès des Nations Unies la reconnaissance de l’Etat Palestinien ? 
Aussi longtemps que la Ligue Arabe fera cette démarche au nom des Palestiniens, cela signifie que la reconnaissance d’un Etat Palestinien sera suivie d’une reconnaissance conjointe des régimes Arabes et d’Israël. Dans cette situation probable, interviendra une complète normalisation des relations entre les pays arabes et Israël au point que ce dernier sera intégré à la Patrie arabe sous forme « d’une Intégration par la Domination » c’est-à-dire à travers une nouvelle forme de colonisation de la Patrie Arabe. 
Il est important de souligner que ce nouveau pas de la Ligue Arabe est en continuité avec l’Initiative arabe qui avait été négligée par les sionistes et les USA depuis quasiment une décade. 
Les sionistes vont exploiter au maximum cette initiative jusqu’à la reconnaissance arabe d’un Etat exclusivement Juif (comme si Israël n’était pas déjà un état exclusivement juif !). 
En accord avec les intérêts et la tendance aux compromis rapides de la classe compradore Arabe et Palestinienne, la reconnaissance de l’Etat Juif est possible même si cela inclut l’expulsion/déportation de 1.3 millions de Palestiniens de leur maisons située dans les territoires occupés de Palestine depuis 1948. 
Ceci pourrait se résoudre par un échange de terre. Quel mauvais tour honteux ! D’un côté, un échange de terre palestinienne contre de la terre ailleurs, et de l’autre, le déracinement d’un peuple comme s’il s’agissait d’une marchandise ! 
Ceci est la répétition de l’éviction du Peuple Palestinien en 1948 mais cette fois-ci avec la collaboration de la bourgeoisie compradore arabe et palestinienne ! 
Le compromis passé avec ZAR pour en finir avec le droit au retour des réfugiés ne se limite pas à l’AP et aux régimes arabes. Il pénètre de fait la plupart des organisations palestiniennes qui soutiennent ce compromis. Ceci est le véritable sens d’un mouvement de libération converti en un mouvement pacifiste mendiant la reconnaissance d’un Etat auprès des Nations Unies. 
Dans ce contexte, beaucoup d’intellectuels palestiniens ont théorisé et continuent à le faire, la justification de ce compromis.

Alors, finalement, quel serait le défi actuel ? 
Il ne peut s’agir que de la Résistance directe, militaire, de guerre populaire, qui est en train de grossir et de se développer à travers les révoltes arabes et offre l’opportunité de vaincre la contre-révolution. 
Dans les faits, l’accélération du compromis politique constitue un pas préventif pour briser la dynamique des processus en cours dans la Patrie Arabe, la Résistance, et la guerre du peuple arabe.

 

ADEL SAMARA, JUILLET 2011

 

Le premier septembre noir a été le massacre de l’OLP en Jordanie en 1970

 

Voir aussi la déclaration de l'OCML-Voie Prolétarienne sur le même sujet :  ICI

 

Source