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Publié par Coup Pour Coup 31

Nous reproduisons ci-dessous l'intervention que notre collectif a faite à l'occasion du meeting du 24 novembre autour de la répression et de la résistance aux Philippines.

 

Construisons l'unité et les solidarités pour la RévolutionBonsoir à toutes et à tous.

 

Pour introduire cette conférence, il nous semble important de revenir brièvement sur le contexte politique philippin, car ce pays et sa situation politique actuelle restent très mal connus en France.

L’histoire des Philippines est une histoire complexe tournée vers la conquête de l’indépendance, confisquée depuis plus de quatre siècles par le colonialisme espagnol jusqu’à la fin du XIXème siècle puis par l’impérialisme américain. Les Philippines furent envahies par l’armée japonaise avant d’être replacée sous contrôle américain à la fin de la guerre. Malgré une indépendance formelle accordée en 1946, les Philippines subissent toujours la domination américaine. En effet, depuis l’indépendance, les Etats-Unis se sont servis de l’archipel comme base militaire dans la région, d’où ils lanceront les opérations en Corée et au Vietnam pendant la guerre froide.

 Que ce soit sous la dictature de Ferdinand Marcos au pouvoir à partir de 1965, qui instaura la loi martiale de 1972 à 1986, où actuellement sous un régime soi-disant démocratique, le peuple philippin n’a cessé d’être réprimé. Durant cette période (de 1972 à 1986) l’armée et la police ont arbitrairement arrêté et détenu des centaines de milliers de personnes, torturés plus d’une centaine de milliers, assassinés des dizaines de milliers et déplacés 5 millions de personnes.

 

C’est sous le régime militaire de Marcos, au début des années 1980, et avec l’aide des États-Unis, que l’armée philippine a commencé à utiliser les techniques de la guerre anti-insurrectionnelle pour essayer de mettre fin à l’insurrection armée communiste, née à la fin des années 1960. Insurrection qui se bat contre l’impérialisme et pour l’indépendance réelle des philippines, étape nécessaire pour l’émancipation de ce peuple. En 1986, Marcos a été renversé et le nouveau régime, toujours appuyé par les États-Unis, a continué sa « sale guerre ». Les escadrons de la mort ont alors fait leur apparition, terrorisant, torturant et assassinant les militant-e-s progressistes et les populations civiles favorables à l’insurrection armée. Depuis 2001, l’impérialisme américain a renforcé sa présence militaire et son soutien à la guerre anti-insurrectionnelle menée par l’armée philippine, au nom de la guerre contre le terrorisme.

 

En janvier 2002, George W. Bush, avec l’appui inconditionnel de la présidente des Philippines, Gloria Macapagal Arroyo, a ouvert, dans l’archipel, un « deuxième front » à la « guerre contre le terrorisme », appelé « Operation Freedom Eagle ». Celle-ci, sous le nom d’Oplan Bantay Laya, est menée à la fois contre le mouvement séparatiste moro (au sud du pays) et contre l’insurrection armée communiste (dans l’ensemble de l’archipel). En 2006, GMA a promis de mettre fin, d’ici juin 2010, à la guerre populaire menée par la NPA (New People’s Army) et le CPP (Communist Party of the Philippines). Cette « guerre totale » contre le CPP-NPA s’est traduite par une militarisation accrue des campagnes, des déplacements encore plus nombreux des civils et une augmentation dramatique du nombre des victimes de violations des droits humains.

 

On estime généralement que plus de 1 200 personnes ont été victimes d’Oplan Bantay Laya (assassinats et « disparitions ») depuis 2001. Sont tout particulièrement visés les membres de syndicats de paysans et de travailleurs, d’organisations de femmes, de défense des droits humains et d’organisations politiques progressistes. Mais on compte également parmi les victimes des journalistes, des membres d’organisations étudiantes, des leaders de minorités ethnolinguistiques, des ecclésiastiques, etc.

 

Un exemple emblématique de la manière dont les populations civiles sont visées par la guerre anti-insurrectionnelle est l’arrestation, le 6 février dernier, de 43 personnels médicaux dans la ville de Morong (province de Rizal). Les militaires ont accusé les « 43 de Morong » d’être des membres de la NPA s’entrainant à la préparation d’explosifs. Les « 43 de Morong » sont toujours incarcéré-e-s et attendent encore leur jugement.

           

C’est dans le cadre d’une tournée nationale de solidarité politique avec les victimes de la guerre anti-insurrectionnelle menée aux Philippines que nous avons l’honneur d’accueillir ici à Toulouse Concepcion Empeno, membre de Desaparecedos (organisation de proches de disparus), Dan, militant philippin et réfugié politique aux Pays-Bas, et Gwenola Ricordeau, sociologue et porte parole de Karapatan France (une ONG philippine de défense des droits humains).

 

Pour nous, Coup Pour Coup 31, en tant que militants anti-impérialistes, nous considérons qu’il est important de développer les solidarités internationales avec les peuples qui se battent à travers le monde contre l’impérialisme et pour leur libération.

 

Et à lire aussi :


- L'intervention de Gwenola Ricordeau, porte parole de Karapatan-France et sociologue : ICI