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Publié par Coup Pour Coup 31

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Saida Menebhi est née à Marrakech en Septembre 1952.

 

Après le baccalauréat, elle étudie l’anglais à l’université de Rabat où elle milite à la corporation de la faculté des lettes en 1972 et en 1973, quand la répression s’abat sur le mouvement étudiant : dissolution de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc, arrestation des membres de son comité exécutif et de nombreux autres étudiants.

 

Pendant deux ans, elle suit une formation de premier cycle au centre pédagogique régional puis enseigne dans un collège de Rabt. Elle milite à l’Union Marocaine du Travail et adhère à l’organisation marxiste-léniniste Ilal Amam (« En avant »).

 

Le 16 janvier 1976, alors que les arrestations se multiplient, avec trois femmes : Rabea Ftouh, Pierra di Maggio et Fatima Oukacha, elle « disparaît » à Derb Moulav Cherif, le centre de torture de Casablanca, tristement célèbre. Le statut des femmes n’y est pas spécialement reconnu et elles subissent des tortures physiques autant que psychologiques. Fin Mars, elle est présentée au juge d’instruction et incarcérée à la prison civile de Casablanca.

 

Avec 138 autres camarades marxiste-léninistes inculpés d’atteinte à la sûreté de l’Etat, elle est jugée au procès de Casablanca (Janvier-Février 1977). Elle affirme son soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui.

 

Sous les applaudissements, elle dénonce particulièrement la situation d’oppression que vivent les femmes au Maroc. Elle est condamnée à cinq ans de détention, plus deux ans pour outrage à magistrat. Après ce verdict, Saida est isolée avec ses deux compagnes, Rabea et Fatima, à la prison civile centrale de Kenitra.

 

Avec tous ses camarades, elle avait observé une première grève de la faim en 1976 pour exiger que le procès ait lieu ; une autre durant le procès même en protestation contre les violations des droits élémentaires de la défense des inculpés. Le 10 novembre 1977, dans les prisons de Casablanca et de Kenitra, tous les condamnés du procès de Casablanca entament une grève de la faim qui durera 40 jours, ils réclament le statut de prisonnier politique, des conditions humaines de détention et la fin de l’isolement pour Abraham Serfaty, Rabea Fetouh, Saida Menebhi et Fatima Oukacha.

 

Le 11 décembre, elle meurt à l’hôpital Averroès de Casablanca, faute de soins appropriés. Elle avait 25 ans.