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Publié par Coup Pour Coup 31

L'Union des Jeunes Progressistes Arabes était une organisation active dans les années 2000 en France et en Belgique. Nous reproduisons ci-dessous un texte et la plate forme de l'UJPA. Nous considérons qu'il est nécessaire de connaître les expériences du passé pour construire aujourd'hui un mouvement anti-impérialiste sur des bases claires. Et c'est ce à quoi le collectif Coup Pour Coup 31 travaille.

 

logo nb tif2L’action politique au sein des communautés d’origine étrangère est, aujourd’hui, plus périlleuse que jamais. Périlleuse pour les militants marxistes, et d’une certaine manière, marquée dans le temps. Les difficultés rencontrées ne tiennent pas à la nature des conflits de classes qui traversent ces communautés à l’image de la société d’accueil en général. Elles tiennent essentiellement de la négation de l’identité sociale de l’étranger, remplacée par un concept d’identité culturelle, raciale ou religieuse. Ce concept a été inventé et encouragé par les classes dominantes des pays d’accueil. Il a été récupéré de façon utilitaire par les régimes réactionnaires des pays d’origine.

Et cette difficulté, l’Union des jeunes progressistes arabes, comme certainement d’autres groupes politiques de gauche, la rencontre dans toutes les activités organisées. Le premier élément est flagrant. De par l’histoire de l’immigration en Belgique, nous pouvons aisément retirer des conclusions qui nous permettent de situer historiquement et spatialement la ségrégation faite à l’encontre des travailleurs étrangers. Des quartiers entiers livrés à l’abandon et à la débrouille, des structures sociales inadaptées, incomprises par des primo arrivants ne parlant pas la langue du pays. Le résultat ? Des enfants d’immigrés qui ont aujourd’hui intégré l’image qu’on leur a renvoyé : étranger tu resteras. C'est-à-dire, entre les lignes : pauvre tu resteras. Plus que ça : l’identité sociale, ils la connaissent, ces enfants d’immigrés. Ils la vivent, ils savent qu’à l’horizon, c’est le chômage, c’est la galère. Et aujourd’hui, ils la revendiquent, et l’utilisent comme une arme offensive contre cette société qui les a rejetés. Il n’est pas question ici de leur donner raison ou tort. C’est un fait.

Le second élément est peut être le plus visible. La montée du conservatisme religieux.

Ces idéologies d’extrême droite fleurissent et prospèrent au sein des groupes en recherche de révolte ou de réponses à des questions irrésolues. Ces idéologies sont également, et de façon très rationnelles et concrètes, lancées et propagées par des militants et des intellectuels aguerris. Et pour finir, ces idéologies sont soutenues de façon opportuniste par les divers dirigeants des pays arabes. On le voit donc, et comme à plusieurs reprises dans l’histoire, la misère et le désespoir des peuples dominés sont instrumentalisés.

C’est dans ce cadre que notre action doit s’inscrire. Et elle comporte beaucoup de difficultés.

La première est le manque flagrant de moyens. Face à des sommes importantes versées par les diverses organisations religieuses pour diverses actions sociales vis-à-vis des populations immigrées défavorisées, face également aux réseaux clientéliques mis en place par les gouvernements des pays d’origine – réseaux liés aux autorités belges d’ailleurs, et dont les centres culturels sont un exemple, - face enfin à l’encouragement et à l’utilisation des caractéristiques culturalo-religieuses par nos syndicats, nos partis politiques, nos associations, nous devons improviser, innover, pour casser les chaînes.

Une difficulté réside également dans l’amalgame, parfois intéressé, que des groupes politiques de gauche entretiennent : entre la condition sociale des personnes concernées et les combats contre l’impérialisme. L’amalgame ne réside pas dans l’absence de lien entre les deux problématiques. Nous ne pesons pas que les deux ne soient pas liées. Mais l’amalgame réside dans les mots d’ordres, les slogans et parfois les analyses livrées par ces groupes, qui surfent sur les idéologies identitaires et religieuses avec pour seul but de ramener à eux un maximum de monde.

Nous avons refusé cela. L’UJPA se veut une organisation de masse. Mais ses concepts politiques sont clairs. Autant de terrains à (re)conquérir, tel celui de la lutte syndicale des travailleurs exploités, des chômeurs instrumentalisés,  la défense des droits des femmes arabes, la promotion d’une culture populaire, le combat pour une Palestine libre et socialiste, la lutte contre l’absolutisme étatique dans le monde et dans les pays arabes en particulier, le soutien aux luttes contre l’impérialisme et le capitalisme. Et il y en a d’autres.

Mais le temps passe. Et les idées droitières s’installent. La figure de Malcom X, de Tariq Ramadan, comme d’autres, fausse le débat. Il ne s’agit pas de mener un combat tous seuls. Il s’agit que ce combat soit partagé par tous les opprimés.  Les flux migratoires ont leur origine dans la division entre pays impérialistes et pays dépendants économiquement. Ils sont aussi l’image de l’exploitation qui règne dans les pays dépendants.

Un bourgeois reste un oppresseur, peu importe son origine raciale ou religieuse.

Chaque travailleur a son émancipation à gagner, peu importe son origine raciale ou religieuse.

UJPA, octobre 2006

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Plate forme de l'UJPA

L’UJPA est l’union volontaire, le rassemblement de jeunes arabes dans l’immigration, qui veulent s’exprimer concrètement à travers des projets à court et à long terme. L’UJPA se veut en lieu d’expression et d’idéal dans les domaines politique, social, culturel et artistique. Les préoccupations quotidiennes des jeunes et des adultes sont déterminées par le fait qu’ils et elles sont en majorité issu-e-s des classes sociales populaires. Conscients de la réalité sociale à laquelle est confrontée la communauté arabe dans la diaspora et dans les pays d’origine, l’UJPA tente de développer des stratégies sur le terrain, pour une alternative de changement social, mais aussi pour animer une autre vision du travail associatif.

L’UJPA est une organisation militante, progressiste, démocratique, autonome et d’action de masse. Elle milite dans les domaines social, culturel et politique, en ce compris :

- Contre le racisme, le fascisme, le sionisme et l’impérialisme ;

- Pour la solidarité active des peuples contre le néocolonialisme, pour leur droit à l’autodétermination par le soutien aux mouvements de libération nationale et sociale ;

- Contre la répression, l’injustice, et la misère sociale qui trouve son origine dans le système d’exploitation ;

- Pour la défense des prisonniers politiques, contre le régime d’isolement qui leur est imposé ;

- Contre les régimes sanguinaires arabes ;

- Pour l’égalité et les revendications sociales et culturelles de la communauté arabe immigrée en Europe ;

- Pour la résistance palestinienne, qui est une résistance nationale de tout le monde arabe ;

- Pour le soutien du combat des véritables forces progressistes en Belgique ;

- Pour la culture populaire et progressiste ;

- Pour une culture parallèle et alternative ;

- Pour un enseignement populaire et démocratique ;

- Pour la défense des droits de la communauté arabe immigrée en Europe.