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Publié par Coup Pour Coup 31

0manifrevarb.jpgLa France et les USA sont les deux puissances les plus impliquées au Maghreb et en Égypte. En Tunisie, c’est clair : Ben Ali et les siens étaient main dans la main avec la France, même si le « racket » des entreprises installées dans le pays par les familles de l’ex-président et de sa femme faisaient un peu tâche...


En Égypte, ce sont plutôt les Américains qui sont sur le devant de la scène : ils versent 1,7 milliard de dollars par an à l’État égyptien, c’est à dire que ce pays est, après Israël, le deuxième bénéficiaire de la « générosité » financière des États-Unis. L’Égypte reçoit également des USA une importante aide alimentaire, notamment du blé, sans laquelle le pays aurait du mal à se nourrir. Cependant, la France possède également des intérêts non négligeables dans le pays.

 

Deux histoires impérialistes différentes


On a pu voir que la France et les États-Unis ont eu des réactions différentes face aux évènements de Tunisie et d’Égypte. Le gouvernement français s’est fait remarquer par son soutien sans faille jusqu’au bout au régime de Ben Ali. De même aujourd’hui, avec Moubarak. Alors que les Américains, qui nourrissent pourtant le régime du dictateur égyptien, se sont déjà résolus à son départ. Pourquoi ?


D’abord, l’impérialisme états-unien a toujours adopté une posture plus subtile dans son discours politique. Depuis la Seconde guerre mondiale, ils s’est montré favorable à l’indépendance des colonies et au démantèlement des empires des puissances européennes. L’explication était simple : eux, qui n’avaient pas d’empire, voulaient pouvoir accéder à l’Afrique et à l’Asie. Cette posture anticolonialiste servait juste à défendre leurs intérêts ; ils ont d’ailleurs très violemment combattu le mouvement indépendantiste de Puerto-Rico, la grande ile qu’ils colonisent dans les Antilles. Ce sont eux les inventeurs du « néo-colonialisme » : puisqu’il fallait bien donner leur indépendance à ces pays sous la pression de leur peuple, autant faire tout son possible pour y mettre au pouvoir des dirigeants dociles qui ne remettraient pas en cause les intérêts économiques et stratégiques de l’impérialisme.


Les USA ont ainsi pris l’habitude d’avoir toujours, comme on dit, « plusieurs fers au feu » ; on s’accommode très bien des dictateurs en place, mais on prévoit une solution de rechange si jamais ça tourne mal. Ainsi, en Tunisie, l’ambassade américaine prenait soin de cultiver des contacts avec l’opposition modérée ; le PDP aujourd’hui au gouvernement a la réputation d’être « proche des Américains »... En Égypte, les USA finançaient discrètement l’opposition à Moubarak, comme l’a révélé Wikileaks.

 

La démocratie est compatible


N’oublions pas que, pour la bourgeoisie, la démocratie bourgeoise est le meilleur des systèmes politiques ; le plus stable, le moins cher et le plus utile pour tromper les masses. C’est exactement ce qu’ont compris les Américains. On pourrait résumer leur position ainsi : si un système de démocratie bourgeoise remplace le régime de Moubarak, tant mieux, du moment – 1) qu’il préserve les intérêts économiques américains et - 2) qu’il ne remette pas en cause la paix avec Israël.


En Tunisie, aucune force politique ne peut se vanter d’avoir dirigé la révolution. En Égypte, même chose. Si les Frères musulmans y sont puissants, ils ont été dépassés par le mouvement de masse. On peut être sûr que, si la révolution en Tunisie ou en Égypte avait été menée par une force politique révolutionnaire ou anti-impérialiste suffisamment radicale, la réaction des USA aurait été différente, le soutien aux dictateurs en place plus ferme ; car là, leurs intérêts auraient été directement menacés. Mais pour l’instant, on s’achemine vers des régimes de démocratie bourgeoise tout à fait respectueux de l’impérialisme...


La France, elle, s’est montrée bien moins intelligente. Comme elle s’était accrochée à l’Algérie et à l’Indochine, elle s’est accrochée à Bel Ali et Moubarak. Outre l’héritage historique, peut-être est-ce parce que notre impérialisme n’a pas les moyens financiers, militaires et politiques qu’ont les États-Unis, qui eux peuvent se permettre de soutenir tout le monde à la fois, d’entretenir des réseaux plus importants et de jouer de la carotte et du bâton plus aisément.


Au final, qu’il soit français, états-uniens ou autre, l’impérialisme garde le même but quel que soit ses différentes tactiques politiques ; soumettre et exploiter les peuples !


Axel

 

Source : OCML-VP