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Publié par Coup Pour Coup 31

Nous reproduisons ci-dessous l'intervention de notre collectif à l'occasion de notre conférence sur Georges Abdallah le 27 janvier, dans le cadre d'une semaine contre la répression.

 

Georges Ibrahim AbdallahCette conférence à lieu dans le cadre d'une semaine contre la répression, organisée par l'AGET-FSE, la CNT, Alternative Libertaire, Sud-Etudiant et Coup pour Coup 31, qui organise cette réunion.

Nous sommes un collectif de militants communistes qui intervient concrètement en construisant des solidarités ouvrières, anti-impérialistes et internationales. Nous intervenons dans les quartiers voisins de Bagatelle et le Mirail afin de populariser les luttes des peuples pour leur émancipation à travers le monde, et en essayant de développer des solidarités concrètes.

Nous avons par exemple organisé récemment une réunion-débat sur la répression politique aux Philippines, au coté de militants progressistes de là-bas. Nous sommes aussi investit aux cotés du peuple palestinien et des militants progressistes du monde arabe, en organisant des campagnes de solidarité notamment en soutien aux prisonniers politiques pro-palestinien.

C'est sur ce thème que nous allons intervenir aujourd'hui. Ici comme ailleurs, quand le peuple lutte et se révolte pour défendre ses droits et s'émanciper, on cherche à le faire taire en le réprimant. Nous parlerons ici de la répression féroce de l'état sioniste qui s'abat sur les Palestiniens, sur ceux qui luttent pour la cause palestinienne et plus précisément de Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais pro-palestinien incarcéré en France depuis plus de 25 ans.

On va d'abord rappeler son histoire militante, ce pourquoi il a été emprisonné. Puis nous allons essayer de montrer pourquoi il est crucial de soutenir ces militants et militantes palestiniens ou pro-palestiniens incarcérés et G. Abdallah plus particulièrement et  pourquoi il est donc nécessaire d'œuvrer pour leur libération. On parlera enfin de la campagne internationale pour la libération de G. Abdallah qui s'intensifie et qui a pour nous des perspectives concrètes ici en France.

 

Le parcours de Georges Abdallah

 

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste pro-palestinien emprisonné à Lannemezan et incarcéré en France depuis 1984 pour des actions de résistance antisioniste. Ayant grandi au Liban, il a été témoin de nombreux massacres - comme ceux de Sabra et Chatila en 1982 causant des milliers de morts - qui ont peu à peu forgé sa conscience politique et l’ont amené à résister quand son pays était occupé par les israéliens et les forces impérialistes. Il représente un courant qui se bat pour un seul état, laïc, démocratique et multiculturel. D’abord militant au FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), il a ensuite lutté au sein des FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises).

 

S’il est emprisonné depuis 1984, c’est parce qu’il a été condamné pour complicité dans l’exécution d’un responsable du Mossad (les services secrets israéliens) en France et d’un attaché militaire états-unien à Paris. Or, il faut savoir que particulièrement dans les années quatre-vingt, le Mossad parcourait le monde afin de tuer des militants progressistes. Les FARL, en réaction, décidèrent de mener la lutte de résistance en frappant les intérêts impérialistes et sionistes.

 

Durant le premier procès, Georges Ibrahim Abdallah est jugé pour détention d’armes et d’explosifs et est condamné à quatre ans de détention. Le président des Etats-Unis, Reagan intervient au près de Mitterrand trouvant cette peine trop clémente. Les services secrets français vont alors découvrir opportunément de nouvelles armes qui permettent de le rejuger. Il requiert alors en 1987 une peine de dix ans. Cette décision paraissant encore trop « indulgente » aux yeux des Etats-Unis et d’Israël, il est alors condamné à perpétuité par une cours d’exception. L’acharnement judiciaire ne s’arrête pas là : il est prouvé quelque temps après le procès que l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Jean-Paul Mazurier, lorsqu’il plaidait sa défense était un agent des services secrets français et la régularité du procès ne fut même pas remise en question !

 

En 1999, la juridiction régionale autorise sa libération mais le ministre de la justice de l’époque, Dominique Perben, intervient directement pour qu’il soit maintenu en prison. Un extrait d’une déclaration de la DST (la police politique française) adressée directement aux juges illustre bien les raisons pour lesquelles l’état français utilise tous les prétextes pour le maintenir en prison :

 

« Personnalité emblématique de la lutte antisioniste, la libération de Georges Abdallah constituerait sans nul doute, au Liban, un événement. Il sera probablement fêté comme un héros à son retour dans son pays, mais aussi par différentes mouvances engagées dans une lutte révolutionnaire. »

 

Durant ces années d’enfermement, Georges Ibrahim Abdallah n’a jamais renoncé à son engagement politique, à son combat contre l’impérialisme et le sionisme, pour la libération totale de la Palestine.  Il représente un symbole de libération pour son peuple.

 

Georges Ibrahim Abdallah à Pau le 18 février

 

L'importance du soutien aux prisonniers politiques et aux révolutionnaires palestiniens.

 

Tout d’abord, ce n’est pas la seule forme de répression. C'est tout un peuple qui subit la pression et la répression quotidienne d'une armée d'occupation.

Actuellement plus de 11000 prisonniers politiques palestiniens sont incarcérés dans les prisons de l'occupation israélienne. Il y a parmi eux de nombreux membres du Conseil législatif palestinien tels que Marwan Barghouti dirigeant du Fatah, Ahmad Saadat, secrétaire général du FPLP, en plus de milliers d'autres militants. Ce sont des hommes, des femmes et des jeunes, membres de partis politiques ou simples activistes. Il va sans dire que leur libération est primordiale pour la lutte révolutionnaire du peuple palestinien

Ces militants sont incarcérés parce qu'ils refusent d'accepter l'occupation de leur terre et l'oppression de leur peuple. Ainsi, leur emprisonnement est politique : la justice, ici en France comme là-bas est au service des puissants, des exploiteurs : c'est une justice de classe qui répriment ceux qui osent se soulever contre leurs oppresseurs. Exiger leur libération, c'est aussi défendre le droit des peuples à la résistance.

Si leur incarcération est politique, leur libération l'est tout autant : chaque libération de prisonniers est une victoire politique, une défaite de l'occupant sioniste ; c'est un signe clair que la cause du peuple palestinien avance. En effet ouvrir les cellules des révolutionnaires c’est prouver concrètement la solidarité et apporter la preuve que la lutte peut gagner. Comme le dit G. Abdallah  « Nous savons que la situation des prisonniers révolutionnaires n’est que formellement fonction des décisions judiciaires ; ce sont toujours les instances politiques qui en délimitent à la fois le contenu et le pourtour. C’est pourquoi elle est avant tout fonction du mouvement de luttes anticapitalistes et anti-impérialistes »

 

Le combat contre notre « propre » impérialisme

 

Nous faisons campagne pour la libération de G. Abdallah car c'est un militant révolutionnaire, anti-sioniste et anti-impérialiste. Son combat est aussi le notre.

 

Il est incarcéré tout près de Toulouse à Lannemezan. Le fait qu'il soit incarcéré en France n'a rien d'anodin. En effet,  le soutien de la France à l'Etat sioniste n'est pas nouveau et n'a jamais été caché. C'est un soutien largement partagé par tous nos gouvernements successifs. C'est aussi un soutien actif : la France vend par exemple des armes à Israël.

Si les puissances impérialistes occidentales appuient si largement et activement Israël, c'est qu'elles y ont des intérêts, qu'ils soient économiques, politiques ou géo-stratégiques.

 

Lutter pour la libération immédiate de G. Abdallah ici en France, c'est aussi un moyen de lutter contre notre propre impérialisme, qui opprime et exploite de nombreux peuples. Les évènements récents en Côte d'Ivoire, Tunisie, Algérie en sont par ailleurs d'autres manifestations.

Au delà de la solidarité, qui est nécessaire, lutter contre notre propre impérialisme est la meilleure façon d'appuyer ceux qui luttent dans leur pays pour leur émancipation. Par exemple, dénoncer et lutter contre l'envoie de troupes comme lors l'agression de l'armée israélienne au Liban en 2006 (FINUL), ou tout soutien politique ou économique à l'Etat colonial Israélien.

 

Georges Abdallah : un combattant de la cause palestinienne

 

G Adballah à toujours été clair sur ses opinions politiques et ses positions sur la Palestine.

Il revendiquait et revendique toujours :

– Une Palestine, libre, laïque et multiculturel. Un seul état sur le territoire historique de la Palestine.

– Le droit au retour de tous les palestiniens qui ont du s'exiler suite aux multiples agressions et à la colonisation sioniste depuis 1947.

Ces positions sont les positions historiques du mouvement de résistance palestinien, revendiquées par l'ensemble de la résistance pendant très longtemps.

Elles sont minoritaires aujourd'hui, notamment depuis les accords dOslo de 1993, où  l'OLP négocia un compromis avec Israël. 

Elles restent une ligne de démarcation claire avec le Hamas et le Fatah. Le Fatah, au pouvoir reconnaît l'Etat d'Israël. Le Hamas ne reconnaît pas Israël, mais porte des positions clairement réactionnaires et antisémites : création d'un Etat religieux, volonté de combattre les juifs et présenter le conflit comme un conflit religieux.

 

Reconnaître Israël c'est oublier que l'Etat sioniste est un état colonial par nature. De plus seul la création d'un Etat laïc, démocratique et multiculturel peut créer les conditions de l'unité de toutes les classes populaires israélienne et palestiniennes nécessaires à leur émancipation.

Lutter pour la libération de G. Abdallah est donc aussi un moyen de soutenir la frange progressiste de la résistance Palestinienne comme le FPLP ou le FDLP, et de populariser ces positions. Ce combat est de la responsabilité collective de tous ceux qui se revendiquent du camp de la révolution et de la liberté des peuples.

 

Une campagne internationale

 

A eu lieu en avril dernier un meeting à Beyrouth qui a marqué le lancement d’une campagne internationale pour sa libération signée par une trentaine d’organisations en France. Cela a impulsé diverses actions comme celle du 2 juillet, rassemblant au même moment des centaines de personnes devant le ministère français de la justice à Paris et devant le ministère à Beyrouth. Pour sa 27ème année d’incarcération, le samedi 4 décembre, deux cents personnes sont venues manifester devant la prison à Lannemezan venant d’un peu partout en France mais aussi de Belgique et d’Espagne.

 

Ce combat pour la Palestine n’est pas un cas isolé : les luttes populaires au Maghreb en sont un exemple. La Tunisie connaît actuellement un moment historique de révolte contre le système impérialiste et capitaliste qui exprime des années de contestations sociales et politiques. Rappelons-nous les mouvements sociaux contre les conditions de travail, la corruption et le chômage dans le bassin minier de Gafsa Redeyef en 2008. Le peuple algérien quant à lui, s’est soulevé au début du mois de janvier contre la flambée des prix et la main mise sur le pétrole qui ne profite qu’à une minorité au pouvoir. Ces révoltes sont sévèrement réprimées comme au Maroc où les interpellations sont nombreuses, particulièrement depuis 2008, notamment d’étudiants à Marrakech.

 

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