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Publié par Coup Pour Coup 31

L'insurrection des Aurès ( région d'Algérie située à l'est de ce pays ) débuta le 11 novembre 1916 lorsque les populations de Aïn Touta et Barika se rassemblèrent au village de Boumazaz et s'accordèrent à déclarer la guerre à l'administration coloniale. Cette nouvelle se propagea rapidement dans les villages et des centaines d'hommes répondirent à l'appel sacré. Ceci poussa les Français à couper toutes les communications entre la région et le monde extérieur en interdisant les déplacements et les voyages de et vers les Aurès. 

Les insurgés réagirent en détruisant les câbles du téléphone, du télégraphe et les ponts. Par ailleurs, ils attaquèrent les domiciles et les biens des Européens, visant particulièrement les agents de l'administration coloniale dans tous les villages et hameaux. 

Les opérations des résistants contre les intérêts français s'intensifièrent, touchant le fort administratif "Mac Mahon", ce qui se solda par la mort du sous-préfet de Batna et la destruction du fort après que la garde militaire française se fut enfuie en l'abandonnant.

Tandis que l'administration coloniale sous-estimait ces événements, les insurgés entreprirent d'encercler la ville de Barika le 13 novembre 1916 pour attaquer un convoi français le lendemain. 

Devant l'aggravation de la situation et l'extension de l'insurrection, le gouverneur général d'Algérie demanda des renforts militaires supplémentaires, en insistant sur la nécessité de recourir à l'aviation pour terroriser les populations, notamment après que 10 soldats français furent tués lors des accrochages du 5 décembre 1916 lorsque les troupes françaises avaient attaqué les rebelles qui s'étaient réfugiés dans les monts Mesmataoua. 

A cet effet, la France retira le bataillon 250 du front en Europe pour l'envoyer en Algérie, le nombre de soldats français dans les Aurès ayant atteint ainsi 6000 hommes commandés par le général "Monnier". Le commandement militaire fit venir les avions de guerre du type de ceux qui étaient en Tunisie pour les envoyer vers la région des Aurès.

Les causes de l’insurrection relèvent de plusieurs facteurs parmi lesquels la dégradation des conditions sociales, politiques et économiques qui eurent des incidences directes sur les Algériens, lesquels vivaient une situation dramatique en raison de la famine, des épidémies et des lois scélérates dont le Code de l’indigénat, parallèlement à la propagation de la misère et la cherté de la vie. Par-dessus tout, le mécontentement qui s’est répandu chez les Algériens en raison de la promulgation de la loi sur la conscription obligatoire en 1912 est considéré comme l’étincelle qui a entraîné l’explosion de la situation. Le rejet de la conscription obligatoire par les Algériens s’est amplifié après l’arrivée de nouvelles inquiétantes sur la mort par milliers de jeunes conscrits au cours des batailles terribles qui se déroulaient en Europe, puisque le ministère de la guerre français avait enregistré en octobre 1916, 7822 tués, 30.354 blessés et 2611 prisonniers. En 1916, la France avait un besoin pressant de troupes supplémentaires et pour cela, elle décida d’enrôler les jeunes ayant atteint l’âge de 17 ans pour les envoyer au front dans les plus brefs délais.

Cette insurrection est donc un symbole comme tant d'autres de la longue lutte de libération nationale de l'Algérie. Mais cette date est aussi un symbole de refus des populations colonisées de servir de chair à canon pour les guerres impérialistes !

Un autre 11 novembre : la révolte des Aurès (1916)