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Publié par Coup Pour Coup 31

Déclaration du collectif anti-impérialiste Coup Pour Coup 31, Toulouse, le 06/11/14

Depuis le 28 octobre, les peuples du Burkina Faso sont en train de marquer l’histoire et plus particulièrement celle de leur pays.

En effet, c’est plus d’un million de personnes qui ont défilé dans les rues de Ouagadougou (la capitale) suite à une annonce de Blaise Compaoré. Dans la perspective des élections présidentielle de 2015, Compaoré voulait modifier la constitution afin de pouvoir se représenter indéfiniment.

Au pouvoir depuis 1987, suite à un coup d’Etat dont la France s’est montrée complice et contre son ami le Président Thomas Sankara.

Militant panafricain, marxiste et anticolonialiste, Sankara menait une politique progressiste, marquée par la volonté d’éradiquer l’illetrisme, l’oppression des femmes… Il mena aussi une lutte de grande envergure pour l’amélioration du système de santé. Sankara s’est notamment illustré par son refus de la dette et plus généralement de la mainmise impérialiste sur son pays et l’Afrique et pour que les richesses du Burkina Faso profitent réellement aux population plutôt qu’à leurs élites.

Compaoré, durant toutes ses années à la tête de l’état burkinabé, n’aura que vendu les intérêts de son pays au plus offrant, pour une grande part à la France. Il aura donc trahi Thomas Sankara tant sur un plan affectif que politique.

Ces derniers jours, après un abus de pouvoir de plus, le peuple burkinabé s’est soulevé et Blaise Compaoré a été forcé de quitter la tête du « Pays des Hommes Intègres ». En effet, la population n’a pas hésité à investir la rue, le Parlement, les maisons de certains dignitaires du régime et les médias, subissant des pertes lourdes - au moins trente morts. 

Mis au pouvoir par le gouvernement de François Mitterrand, Compaoré est aujourd’hui aidé dans sa fuite par le gouvernement de François Hollande, dans la plus pure tradition françafricaine de la gauche française. 

Depuis, la vacance du pouvoir profite aux anciens ministres et militaires de haut rang qui se disputent chacun l’appui du peuple.

Nous avons pu voir notamment Honoré Traoré, général et chef d’état major, revendiquer les fonctions de chef de l’état, peu avant qu’Isaac Zida, lieutenant-colonel, numéro deux de la garde présidentielle, ne s’impose le 1er novembre, soutenu par l’armée.

Quoi qu’il en soit, nous ne nous faisons pas d’illusion quand à la volonté de changement des différents protagonistes. Anciens proches de Compaoré, ils ne marquent en rien une rupture dans la politique burkinabée, entièrement soumise aux intérêts de son ancien colonisateur.

Nous saluons la détermination du peuple et son courage dans la lutte pour la liberté et l’émancipation.

Nous apportons un soutien particulier aux organisations et personnalités progressistes qui, nous l’espérons, sauront continuer le combat initié par Thomas Sankara. 

 

Troupes françaises hors d’Afrique ! 

Politique économique ou militaire l'impérialisme c'est la guerre !

Vive la lutte des peuples contre la dictature et l’impérialisme !
Vive la solidarité internationale des peuples!

"Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple"